Rasage ManuelLe rasage traditionnel

Histoire du rasoir : qui l’a inventé, du cuivre égyptien à Gillette

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Rasoirs de cuivre de l'Égypte ancienne, coupe-choux en acier, rasoir à rabot du Français Perret, lame jetable de Gillette, puis rasoir électrique et cartouches : cinq mille ans d'histoire du rasage en bref.

En bref

  • Les premiers rasoirs en métal sont en cuivre, en Égypte, au IVe millénaire avant notre ère.
  • Le rasoir à lame protégée est une idée française : le coutelier Jean-Jacques Perret, vers 1762.
  • Le rasoir de sûreté à lame jetable est celui de King Camp Gillette, breveté en 1904.
  • Ensuite : le rasoir électrique dans les années 1930, la lame inox au début des années 1960, la cartouche en 1971.

« Qui a inventé le rasoir ? » n’a pas de réponse unique : le rasoir s’est inventé et réinventé pendant des millénaires, au gré des matériaux et des modes. Voici les grandes étapes, du silex au rasoir de sûreté que l’on redécouvre aujourd’hui.

Gravure bleue montrant l'évolution du rasoir : rasoir antique, coupe-choux, rasoir de sûreté et rasoir à cartouches
Image d’illustration générée par IA.

Avant le métal : coquillages et silex

Bien avant l’invention du métal, on se rasait ou on s’épilait déjà avec ce qu’on avait sous la main : éclats de silex ou d’obsidienne, coquillages aiguisés. Ces outils, difficiles à dater pour cet usage précis, montrent surtout une chose : se débarrasser des poils est une préoccupation très ancienne.

L’Antiquité : cuivre, bronze et barbiers

Les plus anciens rasoirs en métal connus viennent d’Égypte, où l’on fabrique des rasoirs en cuivre dès le IVe millénaire avant notre ère. Chez les Égyptiens, le rasage est une affaire d’hygiène et de statut : les prêtres se rasent le corps entier.

Le bronze prend ensuite le relais, en Égypte comme en Europe, où l’on retrouve de nombreux rasoirs de l’âge du bronze dans les sépultures. À Rome, le rasage devient un métier : le barbier, tonsor, tient boutique, et la première barbe d’un jeune homme fait l’objet d’un rite.

Le coupe-choux : l’âge de l’acier

Le rasoir à lame pliante dans un manche, ancêtre direct du coupe-choux, s’impose en Europe à l’époque moderne. Au XVIIIe siècle, les progrès de l’acier, notamment à Sheffield en Angleterre, permettent des lames plus dures et plus fines. Sheffield en Angleterre, Solingen en Allemagne et Thiers en France deviennent les grands centres de fabrication.

Le coupe-choux restera le rasoir de référence jusqu’au début du XXe siècle, et il a encore ses fidèles : voir le guide du coupe-choux.

1762 : le « rasoir à rabot » de Perret

Le coupe-choux a un défaut : il coupe tout ce qu’il touche. Vers 1762, le coutelier français Jean-Jacques Perret a l’idée de munir la lame d’une garde, comme le fer d’un rabot de menuisier, pour limiter les coupures. Il en parle dans La Pogonotomie, ou l’art d’apprendre à se raser soi-même, publié vers 1770. Le titre dit tout : à l’époque, se raser seul ne va pas de soi, on va chez le barbier.

Son rasoir ne connaîtra pas un grand succès, mais l’idée est là : protéger la peau du tranchant. C’est le principe même du rasoir de sûreté.

1880-1904 : le rasoir de sûreté américain

Aux États-Unis, les frères Kampfe commercialisent dans les années 1880 un rasoir de sûreté à lame courte, protégée par un peigne. Mais la lame est épaisse, et il faut toujours l’affûter.

La rupture vient de King Camp Gillette, un représentant de commerce qui imagine une lame si fine et si bon marché qu’on la jette au lieu de l’aiguiser. L’ingénieur William Nickerson met au point la fabrication de ces lames en acier fin. Le brevet est déposé en 1901 et accordé en 1904. La lame double tranchant est née, et son format n’a presque pas changé depuis : n’importe quelle lame actuelle va dans un rasoir des années 1930.

La Première Guerre mondiale accélère tout : l’armée américaine équipe ses soldats en rasoirs Gillette, et des millions d’hommes prennent l’habitude de se raser seuls. Le détail de cette histoire est dans le guide du rasoir de sûreté.

Le XXe siècle : électrique, inox, cartouches

Date Événement
1928-1931 Jacob Schick dépose le brevet d’un rasoir électrique en 1928, et le commercialise en 1931.
Début des années 1960 Les lames en acier inoxydable de Wilkinson Sword, qui durent bien plus longtemps, bousculent Gillette, qui lance les siennes en 1962.
1971 Gillette lance le Trac II, premier rasoir à deux lames grand public : c’est le début de la cartouche.
1975 BIC lance son rasoir jetable d’une seule pièce.
1990 et après Course aux lames : têtes pivotantes, trois, puis cinq lames par cartouche.

Le rasoir de sûreté disparaît alors presque des rayons. Les cartouches sont plus faciles à vendre : le manche est bon marché, les recharges sont chères, et on les rachète toute sa vie.

Aujourd’hui : le retour du rasage traditionnel

Depuis les années 2000, le rasoir de sûreté et le coupe-choux reviennent, portés par les forums d’amateurs, la mode des barbiers et le souci des déchets. Les raisons sont simples : moins d’irritation pour beaucoup de peaux, un coût dérisoire à l’usage, presque plus de plastique, et le plaisir d’un geste maîtrisé. On les détaille dans pourquoi passer au rasage manuel.

Questions fréquentes

Qui a inventé le rasoir ?

Personne en particulier : les rasoirs en métal existent depuis l’Égypte ancienne. Si la question porte sur le rasoir de sûreté, l’idée de la lame protégée revient au Français Jean-Jacques Perret, vers 1762, et le rasoir à lame jetable moderne à l’Américain King Camp Gillette, breveté en 1904.

Qui a inventé le rasoir électrique ?

Le premier rasoir électrique à succès commercial est celui de l’Américain Jacob Schick, breveté en 1928 et vendu à partir de 1931.

Pourquoi dit-on « coupe-choux » ?

Au XIXe siècle, les soldats appelaient « coupe-chou », par moquerie, un sabre très court porté par l’infanterie et l’artillerie. Le rasoir droit a sans doute hérité du surnom par analogie avec cette lame, mais le passage d’un sens à l’autre n’est pas établi avec certitude. Le sabre a disparu, le mot est resté au rasoir.